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Clan Mc Nicoll du Québec
Collaboration spéciale : Céline E. Colgan
 
L’ÉCRITURE D’UN NOUVEAU
CHAPITRE
 
La suite du vieux livre…
 
« Pays de mesquinerie, de sophistique et de concupiscence »,
c’est en ces termes peu flatteurs que  Lord Byron évoquait
l’Écosse.
 
 
L’enseignement se continue.
 
Ayant conquis son autonomie face à l'Angleterre par la force des armes au Moyen Âge (Bataille de Bannockburn en 1314), l'Écosse a constitué un royaume entièrement indépendant jusqu'au XVIIème siècle. En 1707, la crainte d'un retour au pouvoir de la dynastie des Stuarts par le biais de l'Écosse incite l'Angleterre à imposer aux Écossais une union des parlements. L'Écosse conserve toutefois son système légal particulier et son Église nationale.
 
           
      MacDonald de Keppach             Clan Chisholm            MacDonald de Glengarry  
 
Les trente  ou quarante années qui suivirent la dernière insurrection jacobite et son écrasement sont, pour l’Écosse, une époque d’atonie (manque de vitalité) politique. John Hay, dernier secrétaire d’État pour l’Écosse cesse ses fonctions en 1746.  À compter de ce jour «  la Grande-Bretagne du Nord » est privée de son répondant direct à Londres, et le rôle principal dans le pays revient au duc d’Argyll, Whig de bonne coloration hanovrienne, et au Lord Président de la Cour de Session Duncan Forbes qui s’efforce, avec un succès variable, d’atténuer les effets de la colère des dirigeants anglais contre ses compatriotes.  Jusqu’en 1760 le ministère de Londres est entre les mains des Whigs (Henry Pelham, son frère Thomas duc de Newcastle, William Cavendish duc de Devonshire et surtout de William Pitt), aucun d’eux ne manifeste d’intérêt particulier pour l’Écosse.  Du reste le pays est calme et bien tenu en main par l’armée qui veille efficacement à ce que les jacobites ne relèvent jamais la tête.
 
La migration vers les Lowlands d’habitants des Highlands de langue gaélique, associée à la crainte de se voir assimilés par les Anglais, fit que les Écossais des Lowlands adoptèrent une bonne part de l’identité celtique des habitants des Highlands, avec son caractère romantique de plus en plus prononcé (sachez que tous les Écossais modernes ne se sentent pas à l’aise avec cette identité symbolisée par le tartan ; les habitants des Orcades et des Shetland, par exemple,  ne la partagent pas et revendiquent encore leur passé scandinave).
 
     
Clan MacPherson             Clan MacLeod                    Clan Kennedy
 
Avant l’écrasement de la révolte de 1745, les habitants des Highlands  étaient généralement décrits comme des sauvages.  Après la pacification de la région, les Écossais  des Lowlands purent s’offrir le luxe de prêter aux Gaëls de traits romantiques.  La réhabilitation des Highlands fut favorisée par les prouesses militaires de leurs régiments au sein de l’armée britannique durant les divers conflits ultérieurs impliquant le Royaume-Uni.  Les Écossais des Lowlands étaient de plus en plus attirés par l’identité celtique des habitants des Highlands, non seulement parce qu’elle était romanesque, mais aussi parce qu’elle contribuait à accentuer la différence entre Écossais et Anglais. 
 
Les Écossais  avaient conscience qu’il était difficile de faire autrement et qu’il était dans leur intérêt de faire partie de l’Empire britannique, mais ils redoutaient d’être assimilés par les Anglais sur le plan culturel.  Au fur et à mesure que la langue anglaise se diffusait dans les Highlands et que les habitants émigraient dans les Lowlands,  miorun mor nan Gall (la haine légendaire du Lowlander pour le Highlander, anciennement) s’estompa entre les deux régions et une identité écossaise plus homogène émergea. Finalement, Highlanders et Lowlanders se retrouvent aujourd’hui autour d’un très fort sentiment national ; « Écossais » ne veut pas dire « Anglais ».
 
L’une des origines de ce fort sentiment national réside dans l’attitude même de l’Angleterre. Un sentiment général d’apathie et d’impuissance s’est abattu sur l’Écosse.  La religion n’était pas la seule cause de mésentente envers  l’union inégale avec l’Angleterre. En perdant son indépendance, depuis l’Acte d’Union de 1707, l’Écosse a également perdu son Parlement qui lui était propre, a vécu dans l’ombre d’une partenaire forte de sa puissance économique et pendant longtemps peu disposée à lui laisser accès aux cordons de la bourse.  L’entente n’a pas toujours été cordiale, même si des liens quasiment impossibles à délier, noués pendant près de trois siècles, ne peuvent s’effacer du jour au lendemain. Il est évident que l’Angleterre et l’Écosse ne seront jamais à égalité et sous  d’autres rapports également, les Écossais demeureront strictement des étrangers.
 
Aujourd’hui, sorte de nation dans une nation, l’Écosse jouit d’un statut particulier.  Elle fait partie intégrante du Royaume-Uni  de Grande-Bretagne et de l'Irlande du Nord (depuis 1922 indépendance de l’Irlande du Sud c’est le nom officiel du Royaume-Uni) et doit, à ce titre, allégeance à la Couronne mais dites-vous bien qu’elle possèdera toujours sa propre personnalité, ce qui expliquera son désir et son besoin de reconnaissance comme nation distincte dans l’avenir.
 
Vous comprenez que la section histoire de ce site ne se veut pas un tableau contemporain, un pareil tableau a été dressé à maintes reprises, donc nous allons y passer rapidement.
 
L'Écosse demeure partie intégrante du Royaume-Uni, et participe à l'expansion coloniale et industrielle de ce dernier. Depuis le déclin de l’industrie écossaise dans les années trente, les relations entre l’Écosse et le gouvernement central londonien se sont révélées crispées bien que les Écossais bénéficient de leur propre système législatif et scolaire.   Le déclin économique des dernières décennies et le mécontentement lié aux déconvenues de l’exploitation du pétrole en mer du Nord encouragèrent  le sentiment nationaliste qui y demeure néanmoins très vif.  L’éloignement du gouvernement central, la taxe d’habitation en fonction de la  composition de la famille (poll-tax) et la réorganisation administrative locale furent autant de questions litigieuses. 
 
L’Écosse renaît sur le plan politique à partir de la Seconde Guerre mondiale, et surtout à partir des années 1970 avec la montée électorale du Parti national écossais (SNP). Un premier projet d'autonomie (dévolution) est proposé en 1979 par le gouvernement travailliste. En dépit d'une courte majorité de "Oui" au référendum consultatif alors organisé, le projet est abandonné par le nouveau gouvernement conservateur. Le retour des Travaillistes au pouvoir en 1997 fait de la "question écossaise" l'une des priorités du nouveau gouvernement. Celui-ci présente un nouveau projet de dévolution, dont il soumet le principe à un référendum, en septembre 1997. La proposition est massivement approuvée par l'électorat écossais. Une seconde question, portant sur l'attribution au futur parlement de pouvoirs limités dans le domaine fiscal, reçoit l'assentiment des suffrages exprimés.
 
La Loi sur la dévolution (Scotland Bill) a été approuvée en novembre  1998. Les premières élections au nouveau Parlement d'Écosse se sont tenues  le 6 mai 1999, les députés prêtant serment une semaine plus tard.
 
Cérémonie d'ouverture du Parlement écossais le 12 mai 1999
 
En reprenant confiance quant à sa capacité à contrôler ses propres affaires, le pays a enfin pu tourner une page de son histoire millénaire en retrouvant son Parlement et une bonne partie de son autonomie. L’Écosse salua avec fierté l’ouverture du Parlement écossais quelques 290 années après le dernier parlement dissous.  Le nouveau Parlement compte 120 membres ; l’exécutif est constitué d’un premier ministre, d’une équipe de ministres et de fonctionnaires de police.  La responsabilité du Parlement couvre de larges domaines des affaires écossaises et son pouvoir est total en matière financière.  La constitution, la politique étrangère, la défense, la sécurité nationale, le contrôle des frontières, la politique économique, la sécurité sociale, la sécurité du transport, les lois sur l’emploi comptent parmi les secteurs restant sous le contrôle de Westminster.
 
Gravure française représentant l'ouverture solennelle du Parlement écossais en 1680
(Atlas historique 1721 Nicholas Geudeville)
 
Lorsque prit fin  la dernière session parlementaire de
l’Écosse, le 28 avril 1707, Lord Seafield s’écria
mélancoliquement :
 
«Voici la fin d’une vieille chanson. »
 
Cette phrase n’a cessé de retentir aux oreilles des Écossais depuis des siècles.  En fait, ce n’est plus la fin d’une vieille chanson mais bien le début d’une nouvelle et ce sont  les Écossais eux-mêmes qui prendront la plume pour en écrire les paroles et en composer la mélodie. Elle se chantera, à l’unisson, au son des cornemuses sur les landes sauvages, dans les Glens, sur les bords des lochs, dans  toutes les villes et les villages d’Écosse.
 
Qui sait si, en pareille occasion,  les fantômes du passé ne surgiront pas spécialement de leur antre pour se pointer le bout du nez et, ensemble,  transporter la beauté de cette musique jusqu’à nos oreilles  pour que survivent  à jamais, dans nos cœurs,  l’écho de leurs contes, de leurs légendes et de leurs histoires.
 
Clan MacCruimin
 
ALBAINN GU BRATH!
(Écosse toujours!)
 
 
Pour en savoir plus relativement aux lectures ;
 voir onglet Livres de référence
 
      
Céline E. Colgan
 
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