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Clan Mc Nicoll du Québec
  
Collaboration spéciale : Céline E. Colgan 
 
 
LA DÉCLARATION
  D’ARBROATH
1320
 
 
Nous allons faire un arrêt pour expliquer rapidement la déclaration d’Arbroath.
 
On appelle communément DÉCLARATION D’ARBROATH la lettre adressée au pape Jean XXII par les nobles et prélats d’Écosse (les signataires du document sont huit comtes et trente et un barons), réunis à l’abbaye d’Arbroath, suppliant humblement le pape Jean XXII de considérer d’un œil paternel les malheurs de ses enfants d’Écosse, de les reconnaître comme indépendants de l’Angleterre  et d’ordonner au roi de les laisser en paix.  
 
 
Les ruines de l’abbaye d’Arbroath 
 
La déclaration originale est rédigée dans un latin d’une parfaite élégance littéraire (on pense que son rédacteur fut l’abbé d’Arbroath Bernard de Linton).  Elle commence par un exposé «historique », hautement fantaisiste selon la coutume médiévale, sur les origines du peuple écossais, remontant aux plaines scythes et aux plateaux espagnols, en insistant sur le fait que jamais il n’a connu la servitude ni la soumission. Le document relate les injustes attaques du roi d’Angleterre contre un peuple libre et les efforts faits par Robert Bruce, élu roi conformément aux coutumes du pays pour chasser l’ennemi. 
 
Il est facile de mettre en lumière les inexactitudes et les oublis volontaires de la déclaration  ; il n’est question ni de John Balliol, ni de William Wallace, ni des nombreux serments de fidélité prêtés à Édouard Ier, ni des décisions prises à plusieurs reprises par les états d’Écosse reconnaissant le roi anglais comme «  seigneur supérieur » du royaume. 
 
 

 
DÉCLARATION D’ARBROATH
 
Ce qui fait du document un texte remarquable est son affirmation du droit d’indépendance et de son refus de toute servitude, avec des accents presque démocratiques qui sonnent étrangement modernes.  Ce sont des phrases qui ont une valeur universelle et font de la déclaration de 1320 l’un des textes dignes de figurer dans une anthologie des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.  
 
DÉCLARATION D’ARBROATH 
 
 (Texte publié par J. Ferguson The Declaration of Arbroath 1970) 
 
« Nous savons par les chroniques et les livres des anciens que notre nation, les Scots, est venue de la grande Scythie par la mer Tyrrhénienne et les Colonnes d’Hercule, qu’elle est restée longtemps en Espagne au milieu des tribus sauvages, et qu’elle n’a jamais été soumise à aucune race étrangère.  Puis, douze cents ans après le passage de la mer Rouge par les Hébreux, notre peuple est venu dans le pays qu’il occupe maintenant, où il a triomphé des Britons, puis des Pictes, des Norvégiens, des Danois et enfin des Anglais, sans être jamais soumis à leur domination.  Les Scots ont eu cent treize rois de leur propre race, sans aucun étranger pour rompre le lignage. 
 
Notre Sauveur Jésus-Christ les a convertis par le premier de ses apôtres, le glorieux saint André, frère du bienheureux Pierre, qui les a gardés sous sa protection depuis lors. 
 
Lorsque notre pays s’est trouvé sans roi, Édouard, roi d’Angleterre est venu sous le masque de l’amitié pour le ravager et le piller, emprisonnant les évêques, brûlant les monastères, tuant moines et nonnes, et autres outrages sans nom, n’épargnant ni âge, ni sexe, tant que difficilement peuvent le croire ceux qui n’en ont pas été témoins. 
 
De ces indicibles maux, nous avons été libérés, par la grâce de celui qui console et guérit, par notre illustre roi le seigneur Robert, comme un autre Maccabée ou Josué, que nous avons fait roi conformément à son droit de succession et aux lois et coutumes de notre peuple.  Mais s’il venait à abandonner ce qu’il a commencé et à consentir à livrer son royaume au roi d’Angleterre, nous le chasserions comme notre ennemi et le destructeur de nos droits, et nous nommerions un autre roi pour nous défendre, car, aussi longtemps que cent d’entre nous resteront vivants, nous n’accepterons jamais d’être soumis au joug anglais.  Ce n’est pas pour la gloire, ni pour  l’argent, ni pour l’honneur que nous combattons, mais pour la liberté seulement, à laquelle aucun homme courageux ne renonce qu’avec sa vie. 
 
C’est pourquoi, très Saint-Père, nous supplions humblement Votre Sainteté de considérer d’un œil paternel les malheurs infligés par les Anglais à notre peuple et à l’Église de Dieu, et d’exhorter le roi d’Angleterre à se contenter de ce qui lui appartient (qui peut suffire à sept rois et même davantage) et à laisser en paix la pauvre petite Écosse, au-delà de laquelle il n’y a plus de lieux habités. 
 
Si votre Sainteté accorde trop de foi aux mensonges des Anglais et refuse d’écouter notre juste requête, alors la mort des hommes, la perdition des âmes et les autres malheurs qui s’ensuivront par la faute des Anglais seront, nous le croyons fermement, inscrits par le Très-Haut à votre charge. 
 
Pour conclure, nous sommes et serons toujours, en tant que l’obéissance l’exige, prêts à obéir à Votre Sainteté comme au vicaire du roi et juge suprême, et nous vous confions notre cause, espérant fortement que Dieu nous donnera le courage et la force nécessaires pour anéantir nos ennemis. 
 
Que le Très-Haut vous accorde, pour le salut de Son Église, sainteté et santé pour de longs jours. 
 
Donné au monastère d’Arbroath, en Écosse, le 6e jour d’avril, l’an de grâce 1320, la 15année du  règne de notre dit roi. »
 
L’original, adressé au pape en Avignon, n’existe plus.  La copie originale du document est aux Archives nationales d’Écosse à Édimbourg.  
Le pape fit la sourde oreille. 
 
 
Jean XXII
 
  
 
Pour en savoir plus relativement aux lectures ; 
  voir onglet Livres de référence
 
 
       
 Céline E. Colgan
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