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Clan Mc Nicoll du Québec
Collaboration spéciale : Céline E. Colgan
 
Les Highlanders
un peuple de soldats
 
« Se battre à propos du passé, c’est lutter pour l’avenir de  sa culture et pour sa descendance » 
 
Celtes
 
À en croire Jules César, les Celtes étaient de bons vivants, assez enfantins, qui aimaient les vêtements bariolés, buvaient beaucoup, et montraient du courage au combat. Tout en admettant leurs qualités, le grand conquérant les considérait comme des barbares.  Ceux que l’on appelait Celtes étaient aussi terrifiants que fascinants.  Ils prenaient très au sérieux les arts de la guerre.  Les jeunes gens suivaient une formation rigoureuse au cours de laquelle, ils apprenaient les techniques du maniement de l’épée, de la lance, de l’arc et de la dague.  On leur enseignait aussi des stratégies pour déstabiliser l’ennemi.  Les guerriers celtiques ne redoutaient pas la mort parce qu’ils croyaient en l’immortalité de l’âme.  La bataille était un acte magique accompli dans un état de conscience altérée, souvent induit par l’alcool.
 
Le courage, l’honneur et l’adresse étaient trois notions essentielles ; un homme offensé dans son honneur combattait jusqu’à la mort celui qui l’avait bafoué.
 
Les Celtes ont transmis oralement une extraordinaire somme d’informations, ils prisaient également l’art de la parole autant que celui de la guerre.
 
Guerriers celtes
 
Sur les champs de bataille, les Celtes avaient l’habitude de charger l’adversaire en suivant le modèle de la mêlée générale. La partie adverse impressionnée par leur bravoure téméraire au combat,  leur attribuait un goût passionné pour la guerre, on décrivait ainsi leur caractère ; « belliqueux, fier, franc, insolent, vaniteux et fougueux ».   Ils se lançaient à l’assaut, têtes baissées, sans réfléchir en faisant fi du danger et fonçaient sur l’ennemi, omettant ainsi toute prudence. Ils étaient de très mauvais stratèges et pour cause, leurs bouillants caractères les rendaient beaucoup plus malléables face aux Romains. Ces derniers, plus astucieux, se sont servis de cette faille, à maintes reprises, pour fronder et se jouer de ces derniers. Faute de tactique, cela leur a coûté de fort nombreuses batailles.
 
 
Guerriers celtes dans le plus simple appareil !
 
Les guerriers pouvaient même se dévêtir lors des combats, n’empêche que cette façon de procéder, si peu orthodoxe soit-elle, impressionnait tout de même les soldats qui devaient les affronter.
 
La religion des peuples du Nord était guerrière.  Quand ils manquaient d’ennemis, leur
devoir était de s’en créer.  Ils partaient en quête du danger, sachant qu’au bout du
chemin, il y avait soit un nouvel empire, soit la mort.  Si leurs bandes étaient
nombreuses, les contrées où elles avaient été recrutées étaient vastes et de grandes
armées pouvaient y être levées sans beaucoup affaiblir des populations où chaque
homme était un guerrier.
 
Dans le cas des batailles rangées, la tactique de combat était sommaire, il en était tout autrement lorsqu’on parlait de duel pour un Celte-écossais. Il y avait une place prépondérante pour les différentes qualifications de combat parmi les Gaëls. De grands maîtres d’armes vivaient dans les pays celtes et l’Écosse ne faisait certainement pas exception à cette règle.
 
On retrouve dans la littérature héroïque certaines précisions relatives au décorum des grandes batailles. De chaque côté, il était possible de choisir un combattant, dont les qualités émérites n’étaient plus à faire, pour défendre l’honneur du clan en affrontant un adversaire et pour permettre au vainqueur de régler ainsi les problèmes litigieux en cause. Dans ces textes, nous pouvons découvrir des indices intéressants nous permettant de comprendre que ces champions désignés avaient manifestement été soumis à une formation très poussée sur l’art du combat. Ces danses rituelles d’armes, ce type de démonstration (ressemblance étrange avec les katas d’arts martiaux), avant combat, faisaient office de réchauffement avant l’assaut final. Ces exploits rapportés par les hérauts faisant l’éloge des vainqueurs étaient mentionnés de manière qu’ils deviennent facilement identifiables aux yeux de tous.
 
L’histoire celtique et ses mythes ont donné à l’humanité de grands héros.  Cette idée est également soutenue dans d’autres récits, où le féroce Cuchulainn est envoyé d’Irlande en Écosse pour y suivre une formation guerrière transmise par une femme nommée Scathach l’ombragée et qui était à la tête d’une académie de formation sur l’île de Skye se trouvant sur la côte ouest de l’Écosse.
 
     
Clan Ferguson                      MacArthur                    Clan MacIvor
 
 
Clan MacColl                Clan MacPhee
 
L’utilisation des armes était inculquée très jeune chez les Highlanders. La formation débutait par le maniement et la manipulation du grand bâton. Ils s’entraînaient sur des cibles fixes pour passer, par la suite, au corps à corps. Ils finissaient par atteindre un niveau de développement si élevé (similaire aux arts martiaux), que le contrôle des compétences acquises leur permettait d’éviter de tuer à moins d’absolue nécessité. Les querelles ou duels prenaient fin au premier sang. Naturellement, ce n’était pas le cas sur le champ de bataille.
 
Lorsque le clan se rassemblait autour d’un feu, le barde (Seanachaidh en gaélique) profitait de cette occasion pour faire l’éloge du chef ainsi que des guerriers s’étant démarqués lors de fabuleuses batailles.  La narration de ces puissants récits et hauts faits d’arme eut tôt fait d’enflammer l’imagination et le cœur des jeunes Celtes. Le barde se devait de perpétuer la culture, la tradition et l’histoire guerrière du clan. Il en était le gardien et  la mémoire.
 
Devenir barde exigeait une longue et astreignante formation.  Ne suivaient cette formation que ceux qui possédaient déjà un don naturel. Beaucoup de contes ont pour héros un favori des dieux qui reçoit son don d’une femme de l’Autre Monde, comme le décrit cette ballade écossaise de Thomas le Rimeur ;

Alors ils pénétrèrent dans un vert jardin
Et elle cueillit une pomme à un arbre ;
«  Prends-la en gage, Thomas au cœur pur,
Ainsi ta bouche ne pourra jamais mentir. »

La tradition celte sur laquelle est basée la société des Highlands a conservé sa place jusqu’à la fatidique défaite de Culloden en 1746
 
Les armes des Highlands 
 
 
     
clan MacInnes                 clan MacLaurin                 clan MacQuarie
 
Ils étaient habituellement armés d’arcs, de flèches, de sabres et d’un petit halbert ou hallebarde (Hallebarde : arme d'hast dérivée de la hache et utilisée dès le XIVe siècle par les fantassins suisses et allemands. Elle se composait d'une hache munie d'une pointe fixée sur un long manche de bois. Ensuite, un crochet séparé fut ajouté à l'arrière puis, la partie métallique engloba également le ou les crochets. Cette arme, habilement maniée devait être redoutable pouvant tailler, percer et arracher de pièces d'armures généralement connue sous le nom de hache du Lochaber, de même que d’une dague connue sous le nom de dague de ballock. Ces armes faisaient partie de la tenue des Highlanders au même titre que le plaid.

Dague
Celle-ci appartenait à John Nairne du 78e  Fraser Highlanders au cours de la guerre de Sept Ans
 
Les soldats écossais portaient à la ceinture un long poignard simple très peu coupant appelé « dague  » (dirk). À ne pas confondre avec le sgian dubh (la peau noire), le petit poignard porté aujourd’hui sous le revers de la chaussette et autrefois sous l’aisselle. La dague est une arme de main, courte et pointue. Elle paraît avoir été adoptée à partir de la fin du XIIIe siècle. Au XIVe siècle, les hommes à pied se servaient de dagues à lame large pour égorger les cavaliers désarçonnés. Les archers portaient souvent des dagues longues à deux tranchants, d'environ 50 centimètres , ressemblant à de petites épées. De part sa taille et sa force de pénétration, la dague devint l'arme de prédilection pour les assassinats. Elle fut également utilisée pendant le combat en même temps que l'épée (une arme dans chaque main) et prit le nom de main-gauche au XVIe siècle.
 
 
                     Dagues de ballock                                Clan MacGregor que l’on
                                                                                             surnommait les enfants du
                                                            brouillard
 
La dague écossaise est un dérivé du couteau médiéval de ballock. Une épée brisée faisait souvent office de matière première pour la fabrication de ce genre de dague. Les archéologues nommeront ces lames « rapières » car elles n’étaient pas très efficaces pour poignarder en raison de la faiblesse inhérente du joint de la poignée à la lame. Elles étaient utilisées en sus comme arme de protection au sabre, employées à la main gauche tandis que la targe (sorte de bouclier en cuir) était portée simultanément au bras gauche. La targe était habituellement portée sur le dos, sauf lors d’altercation. Par la suite, est venu s’ajouter sur la targe un élément fait de métal appelé « transitoire » placé sur le plastron central. Cette combinaison sabre, dague et targe donnait un rendement hautement performant et donnait des avantages plus que considérables à ces dangereux guerriers.
 
La dague occupait un rang inégalé dans la culture et l’histoire des Highlands. La majorité des Highlanders étaient trop démunis pour acheter une épée mais pratiquement chaque homme possédait une dague. Si le kata était l’âme des Samouraïs la dague, elle, était le cœur des Highlanders. Elle était portée en tout temps.
 
         
Clan Murray                                Clan Muirhead
 
  
Highlander avec l’épée et une reproduction d’une targe du 17e siècle utilisée par les Highlanders
 
Arcs, haches, épées, lances et couteaux étaient les armes utilisées le plus couramment à cette époque. La lance servait de javelot pour atteindre une cible donnée, la hache fut éclipsée des champs de bataille au détriment du sabre plus léger et se maniant beaucoup plus facilement. La hache était une arme de choc pour s’opposer efficacement au premier assaut tandis que la qualité première que possédait le sabre était, pour le guerrier, une plus grande dextérité pour la manipuler ainsi qu’une superficie non négligeable pour attaquer. Il pouvait se servir de la pointe et du côté tranchant.
 
 
Clan Farquharson
 
    
Haches du lochaber
 
L’utilisation de la hache ne se perdit pas pour autant car les hommes de fortes tailles pouvaient employer sans peine des armes plus lourdes. Par contre, les hommes plus petits usaient d’un autre type d’arme qui, au fil du temps et de certaines modifications, est devenu la hache du lochaber, du nom d’une ville écossaise. La hache était une arme blanche dont le fer était emmanché par deux douilles au bout d’une longue hampe à un manche en if de 1,50 m à 2 m . Elle servait surtout à jeter à bas de sa monture les cavaliers, le crochet fixé à la hampe facilitait de beaucoup le travail pour désarçonner un ennemi et l’envoyer « ad patres ».
 
  
Clan MacDougal               Clan MacLachlan
 
Chevaux et cavaliers étaient plus qu’avantageux sur les champs de bataille. Il fallut donc trouver un moyen pour contrer cette supériorité et pourvoir la piétaille d’une arme redoutable. C’est alors qu’apparût la claymore. Grande épée à deux mains très populaire en Ecosse du XIVe au XVIe siècle d'une longueur de 1,50 m a 1,80 m avec une poignée pouvant atteindre 50 cm et d'un poids de 3 à 5 kilos. Les fantassins suisses et allemands utilisaient également de grandes épées similaires mais le terme Claymore, qui signifie "grande épée" n'était employé qu'en Écosse.  Elle était utilisée pour faire des ravages contre les escadrons de cavalerie et elle était employée pour faucher les pattes des chevaux et ainsi désarçonner son cavalier. Il fallait être très vigoureux pour la manipuler efficacement.
 
 
     
Claymore moderne et ancienne
 
Ce genre d’épée était toujours en usage en Écosse alors qu’elle était délaissée ailleurs par les autres soldats, qui se plaignaient de sa lourdeur. Elle avait deux tranchants et était peu affûtée donc, pour que les coups puissent porter profit, il fallait beaucoup de puissance.  Les Highlanders, eux, la préféraient à tout autre.
 
           
   Clan MacNab                           l’épée, symbole de la décision
 
Saviez-vous que pour les Celtes, l’épée n’était pas seulement une arme de guerre, elle
avait une signification symbolique et magique. Le barde Amergin disait : « Je suis la
pointe d’une épée », signifiant que, quand il parlait, la vérité de ses propos pouvait
transpercer ceux qui l’écoutaient.
 
La partie surélevée de la poignée de l’épée aidait à coincer la lame d’un adversaire pour ensuite le désarmer grâce à une torsion du poignet où l’ennemi laissait tomber l’épée où bien il se faisait briser les doigts. Le renflement situé à la base de l’épée servait à porter un coup à un rival qui voulait continuer le combat, même une fois par terre. Le coup était asséné à la tête et devait faire perdre conscience à celui qui le recevait ou, au pire, pouvait lui défoncer le crâne. La principale fonction de la poignée de l’épée était de protéger la main. Lors de combat, la main était très exposée aux blessures. De plus, cette partie pouvait être utilisée pour administrer un coup de poing déstabilisant autant que dévastateur qui brisait, souvent, la mâchoire du protagoniste.
 
 
Clan MacDuff
 
Les Highlanders avaient les défauts de leurs qualités.  Vivants et actifs, il en était de  même de leur tempérament ; des générations de guerres de clans les avaient prédisposés aux querelles, et leur témérité les plaçait fréquemment dans des situations intenables.
 
Les Gaëls
 
 Ils se sont taillés, en combattant dans les diverses armées à travers les époques et à travers le monde, une glorieuse réputation d’endurance et de courage indomptables.
 
‘S ann as an tir’s’eachdraidh a chineas spiorad cogail
De la terre et de son passé surgit l’âme militaire
 
 
Pour en savoir plus relativement aux lectures ;
 voir onglet Livres de référence
 
      
Céline E. Colgan
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