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Collaboration spéciale : Céline E. Colgan
Sanglier pictes
Les origines de l’Écosse
Sidh de d’thainig de Bho’n de daoine de na d’air de Cuimhnichibh
Se rappeler le peuple dont vous êtes issu….
Vieux proverbe gaélique
Il est probable que l’arrivée de l’homme en Écosse se situe aux environs de 8000 ou 7000 ans avant Jésus-Christ, après la fin de la dernière grande glaciation. Jusque-là le pays était couvert de glace et celle-ci en se retirant, avait laissé les parties basses envahies de marais et de tourbières avec un climat encore rude. C’était donc une économie de chasse et de pêche que connaissaient ces hommes, dont la civilisation appartient au mésolithique, ils étaient peu nombreux, nomades, fort en retard par rapport à leurs contemporains du bassin méditérranéen ou du Moyen-Orient. Ils étaient arrivés en Écosse soit par terre, venus du continent par l’actuelle Angleterre, soit par mer en provenance d’Allemagne ou de Scandinavie, sur des bateaux de cuir ou de bois.
À partir de 3000 av. J.-C. environ, de nouvelles techniques apparaissent dues au réchauffement progressif du climat ; élevage du porc, de la chèvre, du mouton ; culture des premières céréales ; poterie, tannage du cuir, tissage du lin, du chanvre et de la laine. Des maisons de pierre et de terre commencent à se lever, des tombes collectives sont creusées.
Les chambres souterraines (chambered cairns) sont des sortes de tumulus recouverts de pierres entassées qui servaient à des fins funéraires.
Cairn
La pièce intérieure était la chambre des morts, formée de grandes dalles de pierres levées à laquelle on accédait en général par un long couloir, servant de lieu de sépulture et de prière pouvant atteindre parfois jusqu’à
70 pieds
. Au fil du temps, pour une raison inconnue, les gens ont délaissé ces hauts lieux de prières et les passages étroits pour accéder à ces endroits ont fini par servir à entasser des amoncellements de pierres qui gênaient l’agriculture. Il est malaisé de les dater (2500-2000 av. J.-C.). On en a découvert plus de 350 en Écosse.
Intérieur grande tombe commune
À l’âge du bronze (environ 2000 à 1000 av. J.-C.) apparaissent les grands ensembles de monolithes dressés, soit en cercle, soit alignés.
pierres de Brogar
Les pierres de Brogar dans les Orcades (composé de 60 pierres et, selon les experts, il s'agirait d'un temple antique du soleil), les pierres de Stenness sont placées en forme de croissant, suggérant un temple dédié à la lune et Callanish dans l’île de Lewis sont placées en cercle.
pierres de Stenness
Callanish
La maîtrise progressive de l’art des métaux (importée d’Orient par l’intermédiaire de la Gaule ou de l’Allemagne) assure aux hommes d’Écosse des conditions de vie moins primitives. Le fer ne sera connu que huit ou neuf siècles plus tard, à partir de 700 ou 600 av. J.-C..
Mousa Broch dans les Shetland et l’intérieur d’un broch
À mesure que l’on se rapproche de l’arrivée d’Agricola, on se trouve au premier plan de la discussion historique la question des origines celtiques de l’Écosse. Les Celtes ne constituent pas un peuple mais une famille de peuples qui ont en commun l’usage de langues appartenant à la famille celtique, branche des langues indo-européennes.
Il est certain que plusieurs peuples qui vivaient en Écosse avant l’arrivée des Romains étaient celtes, étroitement apparentés à ceux d’Angleterre, d’Irlande et de Gaule.
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Sur la carte ci-dessus, vous apercevez un grand nombre de tribus celtes avant l’arrivée des Romains. La plus grande erreur de ces tribus fut celle de ne pas s'unir pour repousser l'envahisseur romain. Le seul lien pouvant les rallier était leurs origines communes. Mais, malgré cette même souche, elles étaient foncièrement différentes les unes des autres et chacune percevait l'autre comme une étrangère, un ennemi potentiel. L'union ne devrait se produire qu'avec l'arrivée de la religion catholique.
Au début du deuxième siècle, l’apparition des pillards et des commerçants envahissent l'Écosse. Les tribus dispersées çà et là au nord de l’Écosse consolident leur force en se regroupant. Parmi la multitude d’anciennes peuplades deux se démarquent majoritairement des autres; les Maeatae et les Dicaledones. De ces deux alliances naîtra un autre royaume que les Romains nommeront « Pictes ».
L’Écosse est en premier lieu habité par des tribus celtes avant d’être au fait de et de goûter aux invasions romaines, en débutant par la visite du grand Jules, 55,54 av. J.-C., pour se poursuivre par la rencontre de Agricola 80 après J.-C. Tous deux se heurteront, tour à tour, aux peuples de Calédonie (Calédonie signifiant le pays de la forêt). Contrairement aux autres tribus celtes, les Romains ne parviendront pas à soumettre celles se trouvant en Écosse. Les Romains les appelaient "Pictes" (qui provient du mot latin pictus signifiant peint) puisque ces guerriers étaient tatoués, un peu à la façon du peuple Maoris du Pacifique.
Le très grand Jules César (55-54 av. J.-C.) s’y intéresse le premier. Son expédition reste sans lendemain, et c’est au cours du 1er siècle après J.-C. que les légions romaines vont progresser en Grande-Bretagne. On assiste à la fondation de Londinium (Londres), tandis que sont introduites des mœurs nouvelles, apports de cette civilisation latine aux raffinements étonnants. Alors commence une longue rupture entre les « Barbares » du Nord et les « civilisés » du Sud.
Guerriers celtes
Pour parer la menace des Celtes venus du nord de l'Écosse, l’empereur Hadrien ordonne la construction d’un mur défensif. Les Romains élèvent le mur d’Hadrien entre Wallsend sur la côte est et Bownes-on-Solway à l’ouest allant d’une mer à l’autre. Cette muraille mesure près de 70 milles et elle traverse le pays, de part en part, d’un océan à l'autre. Encore aujourd'hui, des parties de ce rempart existent toujours. Deux décennies plus tard, un autre mur, celui d’Antonin, est construit au nord du premier et surtout plus court. Les Barbares du Nord ne sont pas contenus pour autant mais les Romains, harcelés sur d’autres fronts renoncent finalement à les soumettre. L’efficacité de ces deux murailles est demeurée assez faible. Les tribus d'Écosse résistèrent et menèrent, elles aussi, des incursions vers le sud.
Carte indiquant l’emplacement des murs d’Hadrien et d’Antonin
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Occasionnellement, des expéditions punitives romaines furent organisées par-delà les murs cela n’empêcha aucunement les Celtes d’Écosse de traverser le mur et d’aller combattre les Romains sur leur propre terrain. Le paysage géographique de l’Écosse fit en sorte de sauvegarder le peuple celte. Lors d’escarmouche avec les Romains, les Celtes leur tendaient une embuscade à l’entrée de gorge profonde en faisant dévaler des hauteurs d’énormes pierres fondant littéralement sur eux. Nous pouvons donc facilement en déduire que les hautes montagnes d'Écosse ont servi de protection contre les attaques et de refuge pour tous les fugitifs.
Les Romains occupèrent (du IIe au IVe siècle) le territoire entre les deux murs d’Hadrien et d’Antonin mais on ne parla jamais de conquête romaine. Il n’y eut jamais de ville romaine à proprement parler. À défaut de villes, les Romains ont occupé des camps fortifiés, auprès desquels se sont développés des villages indigènes nés des nécessités du commerce et du ravitaillement.
Les Celtes du Nord sont de bons guerriers, certes, mais les Romains ont le goût du gain et ne s’intéressent pas vraiment à ces hautes terres de Calédonie, pauvres et trop difficiles à soumettre. La conquête des hautes terres de
la Calédonie
aurait exigé un effort militaire et financier disproportionné par rapport à l’intérêt de l’opération. Il n’y avait là ni terres à blé, ni vastes terrains d’élevage, ni grandes réserves métallifères, juste des marais, des tourbières et des landes, rien qui justifiât, une guerre longue et coûteuse, alors que tant d’autres terrains d’opérations requéraient la présence des troupes romaines.
Dans la continuité des siècles, l’épisode romain est donc presque négligeable en Écosse. Non seulement les légions n’ont conquis durablement qu’à peine le quart de la superficie du pays, mais quelques années après leur départ, il ne subsistait presque plus rien de la civilisation qu’elles avaient apportée avec elles. Seules les traces matérielles demeuraient; les mentalités et les mœurs des populations étaient inchangées.
La résistance des populations joua un rôle déterminant dans l’arrêt de la progression romaine vers le nord. Le peuple des montagnes ne fut jamais soumis. Hadrien puis Antonin en tirèrent les conséquences ; les deux murs successifs édifiés par eux, en coupant l’accès au sud aux Caledonii, Picti, Maeatae et autres indomptables peuples du Nord consacraient pour la première fois la différence fondamentale qui existe entre les deux parties de l’île. Les siècles suivants devaient, dans d’autres contextes, renforcer l’originalité et l’irréductibilité de ce qui allait devenir l’Écosse.
Écosse carte physique
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Mais le bref épisode romain présente un autre intérêt, en fixant à la ligne Clyde-Forth la limite de leur domaine, les empereurs isolaient le nord de l’Écosse, correspondant grosso modo aux Highlands, du Sud, c’est-à-dire des Lowlands et les Southern Uplands. Cette division devait, elle aussi, devenir traditionnelle et incontournable dans l’histoire de l’Écosse jusqu’à nos jours.
Quoi qu’il en soit, les Romains, appelés sur d’autres fronts, renoncèrent à soumettre le nord de
la Grande-Bretagne. En
410, ils quittèrent l’île.
Après le départ définitif des Romains s’ouvre pour l’Écosse une longue période, presque un demi-millénaire, que les historiens écossais appellent l’âge obscur (the dark age). Du 5e au 10e siècle, les sources d’information se réduisent à des vies de saints, pleines de miracles et de chronologie plus qu’incertaine, à des listes de rois légendaires, et à des poèmes ou fragments de poèmes qui relèvent plus de la fiction que de l’histoire. Ces sources, de provenances diverses, non seulement ne se complètent pas l’une l’autre, mais se contredisent souvent et laissent d’énormes lacunes dans leur information.
Pourtant, cette longue période est essentielle dans l’histoire de l’Écosse car c’est alors que s’est formé le royaume des Scoti.
On décrit l’Écosse traditionnellement comme occupée par quatre peuples; les Pictes (Picti), les hommes peints qui ne sont autres que les Caledonii d’origine celtique habitant l’Écosse centrale et les Highlands, à l’ouest se trouve le royaume de Strathclyde avec les Britons (Brettones), de même origine que les Gaulois (entre
la Solway
et
la Clyde
), au sud-est le royaume de Northumbria, plus difficile à combattre et peuplé d’Anglo-Saxons (Angli), gens venus de l’autre côté de la mer du Nord, soit du Danemark, soit de l’Allemagne en Grande-Bretagne aux 5 e et 6 e siècles et les Scots (Scotti, Scoti, appelés aussi Gaëls) , guerriers celtes originaires de
la Dalriada
(région d’Irlande) concentré sur l’Argyll et Dunadd. Pictes, Scots, Britons et Angles : de ces quatre peuples réunis sous une même couronne, un seul n’est pas celte, les Angles. L’enclave anglo-saxonne ouvre la voie à l’anglicisation de l’Écosse avec ses dangers pour la culture celtique. Les Scots conservèrent des liens étroits avec les autres Scots demeurés en Dalriada Irlandaise. Il faut en ajouter un cinquième ; les hommes du Nord, qui s’implantèrent précisément à partir du 8 e siècle. Les Vikings, envahisseurs venus de Norvège sur leurs bateaux invincibles. Après les premières expéditions de pure razzia, les hommes du Nord s’installèrent à demeure, d’abord dans les îles Orcades, Shetland et Hébrides et puis sur la terre ferme en Caithness et Sutherland.

Carte indiquant les territoires Scots (Gaëls), Britons, Angles et Pictes
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Ce sont ces luttes entre ces cinq peuples, leurs avancées et leurs reculs successifs, leur fusion progressive enfin, qui sont à l’origine de l’Écosse en tant que royaume et en tant que nation. Puis au cours de l’an 500, une nouvelle invasion ou migration eut lieu en provenance d’Irlande.
Religion et peuples celtes d'Écosse
Un autre bouleversement allait secouer l'Écosse. Ce changement sera apporté par l’Église catholique. Ce sont les missionnaires, saint Ninian et saint Colomba qui ont introduit le christianisme en Écosse. On ne connaît pas grand-chose sur saint Ninian, sinon qu’il vécüt parmi les Pictes au IVe siècle.
Île sacrée d’Iona
Bien que des communautés chrétiennes aient existé dans le sud de l’Écosse depuis l’époque romaine, les premiers missionnaires chrétiens vinrent d’Irlande au milieu du VIe siècle. Le plus célèbre et le plus actif fut saint Colomba, qui s’installa sur la petite île d'IOna, ancien lieu sacré pour les druides du pays, et en fit la plaque tournante de ses missions au royaume de Dalriada.
Saint Colomba
Prince de la maison royale de Tirconaill en Irlande, descendant de Niall des Neuf Otages, roi suprême d’Irlande, alors que les Romains se trouvaient encore en Bretagne. Colomba était d’ascendance royale. Son influence ne fut pas seulement spirituelle, elle fut hautement politique. En effet, à cette époque, les Scots avaient le moral au plus bas, ils venaient d’être taillés en pièces par les Pictes, plus nombreux, et leur indépendance était fortement compromise. Colomba ne se contenta pas de prêcher les Évangiles car, à la suite d’une vision divine, il renforça grandement la monarchie en remplaçant l’héritier du trône, un incapable, par Aidan le Fourbe, un souverain fort astucieux. Bientôt, grâce à leurs efforts conjugués, les Scots avaient récupéré plus que leurs biens sur leurs voisins pictes.
Colomba ne limita pas son action à Dalriada; s’enfonçant au nord dans les territoires pictes en passant par le Great Glen, il foudroya un monstre qui hantait les rives du loch Ness et réussit à traiter avec les druides du coin qu’il rencontra à la cour de Brude, roi picte.
À la mort de Colomba, en 579, Dunadd, avec ses rocs gravés de symboles, était la capitale d’un État indépendant bien établi; l’île sacrée d’Iona, de son côté, était devenue un centre religieux prospère d’où un nombre croissant de missions partaient pour prêcher les Évangiles aux Angles et aux Pictes encore plongés dans les ténèbres du paganisme (religion des païens). L’île est également le lieu funéraire des rois celtiques.
Avant la fin du VIIe siècle, les quatre royaumes d’Écosse (Alba) furent convertis au christianisme – un christianisme particulier, sur le plan de la doctrine, l’Église celte primitive n’était pas toujours d’accord avec Rome, et ces divergences aux tonalités païennes allaient persister pendant des siècles dans les Highlands.
Carte représentant les quatre nations
Malgré les différences flagrantes au niveau culturel entre Pictes et Scots, ils finiront par s'unir. Deux facteurs contribueront à les réunir : la christianisation et la menace des invasions scandinaves.
Les Vikings
Les peuples du royaume d'Alba résisteront aux envahisseurs Vikings pendant plusieurs siècles.
Drakkar les attaques Vikings
Carte des invasions vikings
À la fin du VIIIe siècle eurent lieu les premières invasions, par mer, des Vikings dont les drakkars fondaient sur l’Écosse violant, brûlant et massacrant tout sur leur passage. Ils réussirent à poser un pied dans les îles puis les deux sur le littoral écossais. Pendant que les Pictes et Scots, Britons et Angles continuaient toujours de se chamailler, il fallut peu de temps aux Vikings pour envahir les Orcades, les Shetland et les Hébrides et ces derniers avaient des visées sur les côtes.
L’histoire de l’Écosse, du moins dans les manuels, s’ouvre officiellement en 498 après J.-C., quand à sa tête Fergus, Angus et Loarn MacErc (en gaélique Mac signifie fils de), trois princes Scots de
la Dalriada
, élargissent le royaume de leur père en s’appropriant l’Argyll. Ils fondèrent, sous l’autorité de Fergus Mor MacErc, une nouvelle descendance écossaise. Les fils d’Erc, fidèles au système tribal apporté d’Irlande, divisèrent le royaume entre les familles. On les appelait Tuath ou Cinel ce qui veut dire « apparenté » ou Clann qui signifie « enfants ». Ainsi, ils finirent par posséder un ensemble de territoires qui fut nommé Oirer Ghaideal ou Argyll, la côte des Gaëls.
Kenneth Mac Alpin, roi des Scots de Dalriada
843 après J.-C. La monarchie s’organise difficilement, la couronne des Pictes se transmet normalement par les femmes. En 843, Kenneth Mac Alpin, roi des Scots de Dalriada qui revendiquait par sa filiation maternelle le trône des Pictes fondit sur eux alors qu’ils étaient affaiblis par les coups des Vikings. Après les avoir mis en déroute, les Scots établissent leurs propres règles de succession. Terminé la perpétuation par les femmes, la couronne doit désormais se transmettre par les hommes. Mac Alpin se déclara roi des territoires Scots et Pictes au nord de
la Forth
et fut couronné roi suprême des deux nations ( Ard-righ Albainn). Il fut le premier Scots à régner sur toute la province de l’ Albania qu’on appela désormais SCOTIA. Dès lors, ce dernier a deux soucis majeurs; lutter contre les invasions scandinaves et s’imposer au sud vers les basses terres fertiles. La fusion des royaumes Pictes et Scots étaint dorénavant définitive.
L’accession de Mac Alpin à la royauté picte ne concernait que les Scots et les Pictes, les autres peuples n’avaient pas disparu pour autant. Les Britons, bien qu’affaiblis demeuraient indépendants ; les Scandinaves continuaient à occuper les îles du Nord, une partie des Hébrides et du nord de la terre ferme ; enfin les Anglo-Saxons restaient en possession de tout le territoire au sud du Firth of Forth.
Carte de l’Écosse l’an 875
Les règnes des successeurs de Mac Alpin (Constantin 1er 862-877 - Constantin II 904-943 - Malcolm 1er 943-954 - Kenneth II d’Écosse 970-995 - Malcolm II 1005-1034) allaient être consacrés à la lutte contre ces divers ennemis, chaque peuple cherchant sans cesse à s’étendre au détriment de ses voisins.
Dans toute cette royauté dans laquelle il est assez difficile de démêler un fil conducteur, aboutit tout de même au milieu du 11 e siècle l’existence incontestée d’un royaume d’Écosse. On l’appellera d’abord Alba, ou Alban ( le pays des collines blanches) d’un nom venu d’Irlande, puis, de plus en plus Scotia.
En 1058, après des siècles tumultueux et trépidants, Malcolm Ceann Mor (grosse tête) descendant direct de Mac Alpin accéda au trône d’Écosse à Scone sous le nom de Malcolm III Canmore. C’est le premier couronnement connu dans l’histoire de l’Écosse de la lignée Canmore.
Malcolm III né en 1031 – règne de 1058-93
et la reine Margaret
Duncan 1er né en 1001 – règne de 1034-40
MacBeth né en 1005 – règne de 1040-57
En épousant, Marguerite (Margaret), princesse saxonne, dont le rôle est sans doute aussi déterminant pour l’Écosse que le füt celui de Columba, l’anglais devient la langue de
la cour
et le couple royal y attire des seigneurs anglais. Marguerite décide de réformer l’Église qu’elle trouve bien mal représentée et négligée depuis les incursions scandinaves et introduit la religion catholique en Écosse.
L’anglais devient donc, naturellement, la langue du clergé et l’Église celtique disparaît devant les ordres nouveaux qui s’établissent en Écosse et ne manquent pas d’y importer les idées continentales. Le pouvoir religieux est toujours une force avec laquelle les rois durent compter : ils en font même un moyen de gouverner.
Guillaume 1er le Conquérant
En 1071, cinq ans après l’invasion de l’Angleterre, Guillaume 1er le Conquérant, duc de Normandie, envahit l’Écosse et obligea le roi Malcolm à lui rendre hommage. Malcolm qui cherchait, de temps à autre à affirmer son indépendance et à sortir du rang, fut tué en 1093 lors d’une altercation avec les Normands.
Pendant les trente années suivantes, l’Écosse fut comme une marmite en ébullition. Donald Ban (né en 1033 – règne de 1093-97), qui succéda à son frère Malcolm, avait grandi aux Hébrides et fit de son mieux pour rétablir les anciennes coutumes et traditions celtes.
Donald fut à son tour renversé par des armées venues du sud de la frontière, tandis qu’ Edgar (né en 1074 – règne de 1097-1107), fils à demi anglais de Malcolm le remplaçait sur le trône. Edgar favorisa l’installation des Anglo-Normands et avec le temps nombre d’entre eux finirent par remonter vers le nord.
En 1098, à la suite d’une nouvelle invasion de l’Écosse par les méchants Vikings, Edgar, qui décidément était enclin aux compromis, céda à Magnus Barlegs, roi de Norvège, le Kintyre et les Hébrides. En partie entre les mains des Norvégiens, le sanctuaire de Saint-Colomba à Iona, lieu funéraire des rois celtiques, devint le territoire des Norvégiens. Donald Ban fut le dernier à y être enterré.
Pour en savoir plus relativement aux lectures ;
voir onglet Livres de référence
Céline E. Colgan
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